Vivre en van en famille : liberté, organisation et réalité d’un choix assumé
Avant même de partir en van pour voyager — parce que ça aussi, c’est prévu — nous avons d’abord choisi d’y vivre.
Vivre en van en famille n’est pas une fantaisie, ni un décor Instagram. C’est une décision. Une reprise en main.
Choisir la vanlife en famille, c’est accepter de sortir d’un modèle confortable mais exigeant. Nous avons choisi de ne plus dépendre de rien ni de personne. De ne plus être prisonniers d’un système qui nous pousse à travailler toujours plus pour consommer toujours plus. Plus de confort. Plus de technologie. Plus d’objets. Comme si l’accumulation garantissait forcément le bonheur.
À un moment, nous avons eu la sensation d’être devenus les exécutants de notre propre vie. Travailler pour payer. Payer pour rester à flot. Rester à flot pour continuer à travailler. Un cercle propre, accepté, presque invisible. Mais étouffant.
Nous n’avons pas fui. Nous avons dit stop.
Stop à la course permanente.
Stop à la sensation que le temps nous échappe.
Stop à cette impression de vivre pour maintenir un cadre, plutôt que pour habiter réellement nos journées.
Le fourgon aménagé familial est devenu notre manière de respirer. De ralentir. De reprendre la main.
Et très concrètement, il répondait aussi à une nécessité : les déplacements réguliers pour les compétitions de motocross de notre fils. Le van s’est imposé comme une évidence. Nous avons fait d’une contrainte une opportunité.
Si vous découvrez notre histoire pour la première fois, vous pouvez en savoir plus sur notre parcours et notre transition vers ce mode de vie sur ma page à propos.
Pourquoi choisir la vanlife en famille ?
Choisir la vanlife en famille n’a pas été un coup de tête. Ce n’était ni une mode, ni une envie d’aventure spectaculaire. C’était une réponse.
Avant même d’envisager le fourgon aménagé, ce qui me faisait le plus peur, ce n’était pas de manquer d’espace. Ce n’était pas l’inconfort. C’était la vie “normale”. La peur de ne pas finir le mois. L’impression permanente que quoi que l’on gagne, cela ne suffira jamais. Toujours une facture de plus. Une taxe de plus. Une hausse imprévisible. Une dépense obligatoire.
La pression n’était pas visible. Elle était diffuse. Continue. Silencieuse.
Nous travaillions pour payer. Nous payions pour continuer à travailler. Et malgré cela, la sensation d’insécurité financière restait présente. Comme si la stabilité ne dépendait plus de nos efforts mais d’un système plus vaste, plus lourd, plus contraignant.
Le déclic est venu progressivement, puis très concrètement avec les compétitions de motocross de notre fils. Les déplacements sur plusieurs jours, l’organisation complexe, les nuits à l’extérieur… Le van n’était plus seulement une envie. Il devenait une solution logique.
Mais je crois que nous aurions franchi le pas malgré tout.
Le motocross a accéléré le mouvement.
L’envie de liberté l’avait déjà enclenché.
Choisir la vanlife en famille, pour nous, ce n’était pas fuir une société. C’était réduire notre dépendance à elle. Simplifier. Reprendre le contrôle de notre rythme, de nos dépenses, de notre manière d’habiter le monde.
La réalité quotidienne en vanlife en famille
Vivre en van en famille, ce n’est pas être en vacances toute l’année.
C’est vivre. Simplement. Autrement.
Nos journées ressemblent plus à une vie classique qu’on ne l’imagine.
On se lève.
On se prépare.
On emmène les enfants à leurs écoles respectives.
Ils mangent à la cantine le midi.
On les récupère le soir.
Ensuite, on les laisse respirer leur journée.
Terrain de foot. Basket. Courir. Jouer. Se défouler.
Puis on rentre au fourgon.
On ferme la porte.
On retrouve notre cocon.
Les repas en van
Contrairement aux idées reçues, nous ne mangeons pas froid ou improvisé.
Nous avons un four, un frigo, des réchauds.
Nous cuisinons comme avant. Peut-être même plus simplement.
Moins d’accumulation.
Moins de gaspillage.
On fait les courses tous les deux ou trois jours.
On achète ce dont on a réellement besoin.
La gestion des stocks devient naturelle.
On anticipe. On réfléchit. On ajuste.
L’eau, la douche et la lessive
L’eau demande de l’organisation.
On la remplit régulièrement, parfois aux cimetières pour celle qui ne nécessite pas d’être potable.
On surveille le niveau.
La douche est intégrée au fourgon.
Ce n’est pas un spa.
Mais c’est fonctionnel. Suffisant. Confortable.
La lessive se fait en laverie, une à deux fois par semaine.
C’est devenu un rituel.
Un moment presque normal.
L’énergie et l’autonomie
Là où la vie change vraiment, c’est dans la gestion de l’énergie.
Notre batterie nomade doit être rechargée.
Nos panneaux solaires doivent produire.
On surveille la consommation.
On devient attentif.
Avant, l’électricité sortait du mur. Maintenant, on comprend d’où elle vient.
Et ça change quelque chose intérieurement.
Ce qui est plus simple qu’avant
Les déplacements.
La liberté.
Moins l’impression de courir après le temps.
Nous ne passons plus des heures à faire des allers-retours inutiles.
Tout est avec nous.
La logistique des compétitions de motocross est devenue fluide.
On arrive. On s’installe. On dort. On repart.
Moins de fatigue mentale.
Ce qui est plus difficile
À quatre dans un petit espace, tout est amplifié.
Les humeurs.
Les tensions.
Les jours de pluie interminables.
Il faut apprendre à se taire.
À sortir marcher.
À respecter les bulles invisibles.
Il faut gérer l’eau.
Gérer la batterie.
Gérer le carburant.
C’est une autre organisation.
Mais ce n’est pas plus dur.
C’est différent.
Les enfants et la vanlife en famille : adaptation, école et regard des autres
Quand on parle de vanlife en famille, la première question concerne toujours les enfants.
Est-ce qu’ils suivent ? Est-ce qu’ils s’adaptent ? Est-ce qu’on ne leur impose pas quelque chose de trop grand ?
Pour nous, la transition s’est faite sans rupture brutale.
Ils sont toujours dans les mêmes écoles qu’avant.
Même routine le matin. Même cantine le midi. Même terrain de foot ou de basket après la classe.
Sur le papier, leur quotidien n’a pas explosé.
Et pourtant… il a changé.
Ont-ils gardé leurs amis ?
Oui.
Ils fréquentent toujours les mêmes camarades. La vie scolaire est restée stable, et cette stabilité est essentielle.
On n’a pas voulu tout bouleverser d’un coup.
Le fourgon aménagé est devenu leur maison, mais l’école reste un point d’ancrage.
Invitent-ils des copains au fourgon ?
Non.
Mais ils n’invitaient pas davantage avant.
Ce n’est pas lié à la vanlife.
C’est simplement leur manière d’être.
Parlent-ils de leur vie en van à l’école ?
Honnêtement… je ne sais pas.
Ils parlent beaucoup, tous les deux.
Mais est-ce qu’ils osent dire qu’ils vivent en fourgon aménagé ?
Est-ce qu’ils le racontent comme une aventure ?
Ou est-ce que ça reste quelque chose d’intime ?
Je ne force pas.
Ce n’est pas un étendard. Ce n’est pas un drapeau.
C’est notre mode de vie.
Ce que j’observe chez eux depuis que nous vivons en van
Ce que je vois surtout, c’est leur capacité d’adaptation.
Ils comprennent que le matériel reste du matériel.
Qu’une chambre plus grande ne rend pas plus heureux.
Qu’on peut vivre différemment sans être en manque.
La vie en fourgon aménagé en famille les rend plus souples.
Plus conscients.
Plus capables de s’ajuster.
Ils n’ont pas l’air privés.
Ils ont l’air vivants.
Budget : combien coûte vraiment la vanlife en famille ?
Quand on parle de vanlife en famille, beaucoup imaginent immédiatement des économies. Moins de charges, moins de factures, moins d’impôts locaux.
La réalité est plus subtile.
Nous avons vendu notre maison.
Aujourd’hui, notre seule charge fixe importante reste le crédit du camion.
Sur le papier, cela allège énormément la pression mensuelle.
Plus de taxe foncière.
Plus de charges liées à une grande habitation.
Plus d’entretien lourd.
Mais vivre en fourgon aménagé ne signifie pas vivre gratuitement.
Le carburant
Nous nous déplaçons beaucoup pour les compétitions de motocross de notre fils.
Forcément, le budget carburant est élevé.
La mobilité a un coût.
La liberté aussi.
L’alimentation
Nous faisons les courses tous les deux ou trois jours.
Le stockage étant limité, nous consommons différemment.
Moins d’achats en gros.
Moins de surplus.
Moins de gaspillage.
Le budget nourriture reste proche d’une vie classique.
Mais plus conscient.
L’aménagement du fourgon
Nous avons choisi un minimum de confort.
De belles finitions.
Un aménagement pratique et agréable.
Je n’ai pas encore fait le calcul final précis.
Mais je sais une chose : nous n’avons pas fait ce choix pour économiser.
Nous l’avons fait pour vivre autrement.
Alors… est-ce réellement moins cher ?
Je ne suis pas certaine que ce soit “moins cher”.
C’est différent.
Nous avons remplacé certaines charges fixes par des dépenses mobiles.
Nous avons transformé des obligations permanentes en choix ajustables.
La vanlife en famille ne supprime pas les dépenses.
Elle les déplace.
Et surtout, elle les rend plus visibles.
Les limites et les tensions de la vie en van en famille
La vanlife en famille n’est pas une carte postale permanente.
Même si, pour l’instant, nous n’avons pas connu de grosses disputes liées à l’espace.
À quatre dans un fourgon aménagé, tout est plus visible.
Les humeurs.
Les silences.
Les besoins d’isolement.
Mais paradoxalement, nous ne sommes pas ensemble en permanence.
Les enfants vont à l’école.
Nous avons chacun nos occupations.
Nous avons appris à dire quand nous avons besoin d’espace.
Si j’ai besoin d’être seule, je le dis.
Et cela vaut pour chacun.
Le respect devient une règle implicite.
Les jours de pluie : le vrai défi
Ce qui devient plus difficile, ce ne sont pas les mètres carrés.
Ce sont les journées de pluie.
Plusieurs jours enfermés.
Des enfants qui jouent habituellement beaucoup dehors.
De l’énergie à canaliser.
Le fourgon devient plus petit quand le ciel reste gris.
Il faut inventer.
Occuper.
Sortir marcher malgré tout.
Trouver des respirations.
Ce ne sont pas des crises.
Ce sont des ajustements.
Regretter ?
Pour l’instant, non.
Pas même une minute.
Cela ne veut pas dire que tout est parfait.
Cela signifie simplement que ce choix est aligné.
Quand une décision est profondément choisie, les difficultés deviennent des paramètres à gérer.
Pas des raisons de revenir en arrière.
Jennifer
À propos des images
Les images utilisées dans cet article proviennent de diverses sources ou sont de création personnelle. Lorsqu’elles ne sont pas de moi, elles sont citées ci-dessous.
- Image d’en-tête : Freepik - AI
