Conduire un camping-car de 7,38 m : est-ce vraiment compliqué ?
Quand on envisage de conduire un camping-car de 7,38 m, son gabarit peut forcément poser question. Est-ce qu’on va réussir à passer partout ? À circuler sur les petites routes ? À se garer ? À manœuvrer sans galérer à chaque fois ?
De mon côté, la longueur de notre camping-car ne m’inquiétait pas particulièrement avant l’achat. Nous avions auparavant un Peugeot Boxer L4H3 aménagé, j’avais donc déjà l’habitude de conduire un véhicule assez imposant.
Passer à notre camping-car de 7,38 m n’a pourtant pas été exactement la même chose.
Ce n’est d’ailleurs pas sa longueur qui m’a le plus marquée lors des premiers kilomètres. Il y a une autre dimension dont on parle peut-être moins lorsqu’on regarde simplement les caractéristiques d’un camping-car, mais que j’ai ressentie immédiatement une fois au volant.
Et c’est par là que je vais commencer.
Passer d’un Peugeot Boxer L4H3 à un camping-car de 7,38 m
La différence que j’ai immédiatement ressentie en passant du Boxer au camping-car, c’est surtout la largeur.
Notre camping-car prend davantage de place sur la chaussée qu’un utilitaire classique. C’est probablement ce qui m’a demandé le plus d’attention au début, notamment pour bien prendre mes repères par rapport au bord de la route et aux véhicules qui arrivent en face.
Ce n’est pas forcément quelque chose auquel on pense lorsqu’on se focalise sur la longueur d’un camping-car avant de l’acheter. Pourtant, une fois au volant, j’ai davantage ressenti cette différence de largeur que ses 7,38 m de long.
Est-ce qu’on s’habitue rapidement au gabarit ?
Dans mon cas, oui. Je me suis habituée très rapidement au gabarit du camping-car.
Ça ne veut pas dire que je conduis aujourd’hui comme si j’étais au volant d’une voiture. Je reste consciente de ses dimensions et prudente dans ma façon de conduire.
Sur une route suffisamment large, je suis maintenant à l’aise.
Finalement, je trouve qu’on prend assez vite ses repères. Être habituée au gabarit ne signifie simplement pas l’oublier.
Sur les petites routes, mieux vaut parfois prendre son temps
Toutes les départementales ne se ressemblent pas : certaines sont presque aussi larges qu’une nationale, tandis que d’autres permettent à peine à deux véhicules de se croiser.
Les petites routes sont forcément celles où le gabarit du camping-car se fait le plus sentir. Quand nous pouvons les éviter, nous le faisons, mais ce n’est évidemment pas toujours possible.
Sur ce type de route, le gabarit n’est d’ailleurs pas la seule chose à prendre en compte. La motorisation peut aussi se faire sentir selon le relief. J’ai justement consacré un article à la question : 130 ch sont-ils suffisants pour notre camping-car ?
Et lorsqu’il faut les emprunter, je préfère prendre mon temps plutôt que vouloir absolument passer rapidement.
Il m’est déjà arrivé de croiser un tracteur sur une route étroite. En me voyant arriver, le conducteur s’est arrêté et s’est suffisamment décalé pour me laisser passer. Avec les voitures, c’est assez fréquent aussi : quand les conducteurs voient arriver le camping-car, beaucoup s’arrêtent sur le côté pour faciliter le croisement.
Mais ce n’est pas toujours à moi de me décaler.
Une fois, sur une route particulièrement étroite, une voiture est arrivée en face alors que j’avais un fossé de mon côté. Je ne pouvais pas serrer davantage sans prendre de risque. Je me suis donc simplement arrêtée et je l’ai laissée manœuvrer tranquillement pour passer.
Il y a aussi les branches, auxquelles je fais parfois un peu moins attention, notamment lorsqu’elles débordent sur les côtés de la chaussée. Quand il faut déjà se décaler pour croiser quelqu’un, il arrive qu’elles frottent contre le côté ou le haut du camping-car.
Dans ces situations, je ne cherche pas à savoir qui pourrait gagner quelques secondes. S’il faut s’arrêter, attendre ou laisser l’autre véhicule trouver la place nécessaire pour passer, je le fais.
Quand je pense que ça ne passe pas, je n’y vais pas
Avec un camping-car de cette taille, il y a aussi des endroits où je préfère tout simplement ne pas m’engager.
Si une rue me paraît trop étroite, si je vois que le passage risque d’être compliqué ou si je sens simplement que ça ne va pas passer, je n’essaie pas pour voir. Je cherche une autre solution.
C’est particulièrement vrai dans certains villages, où l’on peut rapidement se retrouver avec des rues très étroites qui n’ont évidemment pas été pensées pour des véhicules de ce gabarit.
Et il faut aussi se méfier de l’itinéraire que l’on suit. Nous utilisons notamment Google Maps, mais ce n’est pas un GPS spécifiquement conçu pour tenir compte des dimensions d’un camping-car. Il peut donc proposer une route qui paraît parfaitement normale sur l’écran et qui l’est beaucoup moins une fois devant.
On s’adapte simplement au fur et à mesure. Le GPS propose une route, mais ça ne veut pas dire que je dois absolument la prendre.
Reculer et faire demi-tour avec un camping-car de 7,38 m
Même en essayant d’anticiper au maximum, il arrive forcément qu’on se retrouve dans une situation où il faut reculer ou faire demi-tour avec le camping-car.
Ça m’est déjà arrivé de devoir reculer sur une assez longue distance parce que la route se terminait finalement en voie sans issue, sans que ce soit clairement indiqué avant de s’y engager.
Les demi-tours demandent parfois aussi un peu de patience. Je pense notamment à un parking Leclerc où des places en épi étaient prévues pour les camping-cars. J’ai parcouru toute la partie qui leur était réservée en espérant trouver une place, mais elles étaient toutes occupées. Arrivée au bout, il a bien fallu manœuvrer pour repartir.
Ce n’est pas toujours très pratique et ça peut prendre quelques minutes, mais jusqu’à présent, j’ai toujours réussi à m’en sortir.
Pour les marches arrière, notre camping-car possède une caméra de recul. Je m’en sers surtout pour vérifier que personne ne traverse ou ne se trouve derrière le véhicule pendant que je manœuvre. Pour savoir précisément où je me situe, en revanche, je me fie davantage aux rétroviseurs : on distingue ce qui se passe avec la caméra, mais je ne trouve pas qu’elle permette de tout voir suffisamment bien.
Avec 7,38 m, certaines manœuvres prennent donc simplement plus de temps. Je préfère faire plusieurs mouvements si nécessaire plutôt que vouloir absolument tout réussir en une fois.
Stationner est finalement plus contraignant que conduire
Au quotidien, ce n’est finalement pas tellement la conduite qui me pose problème avec un camping-car de cette longueur. Trouver où le garer demande davantage d’adaptation.
Quand nous arrivons quelque part, je cherche avant tout un emplacement où je sais que je ne vais pas gêner. S’il faut se garer plus loin et marcher davantage pour rejoindre ce que nous voulons voir, ce n’est pas un problème. Les enfants le savent aussi : avec notre véhicule, on ne peut pas toujours chercher la place la plus proche.
C’est par exemple ce que nous avons fait lorsque nous sommes allés découvrir Louhans à pied : nous avons laissé le camping-car au fond du parking du Champ de Foire, là où nous avions suffisamment de place, puis nous avons rejoint le centre à pied.
Il nous arrive d’utiliser des places de stationnement classiques. Lorsque deux places sont situées l’une derrière l’autre, le camping-car peut prendre leur longueur. Selon la configuration du parking, notamment lorsqu’il y a des arbres ou des séparations, il peut aussi être nécessaire d’occuper plusieurs places le temps d’un arrêt rapide.
Et j’ai même récemment réussi quelque chose que je n’aurais peut-être pas imaginé raconter en parlant d’un camping-car de 7,38 m : un créneau. 😅 Il y avait l’équivalent de deux places et j’ai réussi à y rentrer le camping-car.
Ce sont finalement des choses auxquelles on s’adapte. Le stationnement demande davantage de réflexion qu’en voiture, mais ça ne signifie pas qu’il devient impossible.
Les barres de hauteur limitent vraiment les possibilités
Il y a en revanche une chose contre laquelle on ne peut absolument rien faire : les barres de hauteur.
On en rencontre régulièrement à l’entrée de certains parkings et même de supermarchés. Nous en avons notamment vu sur de nombreux parkings Leclerc.
Dans ce cas, peu importe que le parking soit immense ou qu’il reste des dizaines de places disponibles : on ne peut tout simplement pas entrer.
Et c’est finalement une contrainte que je trouve plus importante que la longueur du camping-car elle-même. Avec 7,38 m, on peut chercher une autre place, se mettre plus loin ou manœuvrer. Face à une barre trop basse, il n’y a rien à négocier.
Des places pour camping-cars… occupées par des voitures
L’autre difficulté, c’est simplement de trouver des places suffisamment longues et réellement disponibles pour les camping-cars.
Elles sont déjà assez rares. Et il nous est arrivé à plusieurs reprises de trouver des emplacements spécifiquement prévus pour les camping-cars… occupés par des voitures.
Ce n’est pas quelque chose que nous avons constaté une seule fois : depuis que nous voyageons avec le camping-car, nous l’avons déjà vu à plusieurs endroits.
Forcément, lorsqu’aucun emplacement adapté n’est disponible, il faut trouver une autre solution et il peut alors arriver qu’un camping-car occupe plusieurs places classiques.
C’est aussi pour cette raison que, lorsque nous nous garons quelque part, je cherche vraiment à faire au mieux avec l’espace disponible, sans pour autant renoncer à nous arrêter simplement parce que notre véhicule est plus grand qu’une voiture.
Est-ce qu’un camping-car de 7,38 m nous empêche d’aller où l’on veut ?
Pour le moment, non.
Depuis que nous voyageons avec ce camping-car, son gabarit ne nous a pas empêchés de conserver une façon assez spontanée de nous déplacer. Il a pu nous arriver de renoncer à un endroit parce que l’accès ou le stationnement semblait trop compliqué, mais ça reste occasionnel.
Il faut simplement accepter de ne pas voyager exactement comme on le ferait en voiture. Nous avons choisi un véhicule de cette taille et notre façon de nous déplacer s’est naturellement adaptée avec lui.
Jusqu’à présent, nous arrivons largement à aller là où nous avons envie d’aller.
Il nous arrive même parfois d’attirer quelques regards lorsqu’on arrive avec le camping-car dans un endroit où l’on ne s’attend visiblement pas à en voir un. On doit parfois se demander ce que nous faisons là ou si nous nous sommes perdus.
Mais non. On sait généralement très bien pourquoi on est là. 😅
Est-ce que je reprendrais un camping-car de 7,38 m ?
Aujourd’hui, sa longueur ne serait pas un frein si nous devions choisir de nouveau un camping-car.
Je ne peux pas dire pour autant que 7,38 m est la longueur idéale ou que tout le monde s’y habituera aussi facilement. J’aime conduire et le gabarit des gros véhicules ne me fait pas particulièrement peur. Notre expérience précédente avec le Boxer a certainement joué aussi.
Pour quelqu’un qui appréhende déjà beaucoup la conduite d’un gros véhicule, l’expérience serait peut-être différente.
Mais dans mon cas, je me suis rapidement habituée à notre camping-car et je ne regrette pas d’avoir choisi cette longueur par peur de ne pas réussir à le conduire ou à l’emmener suffisamment facilement avec nous.
Ses 7,38 m font aujourd’hui simplement partie de notre façon de voyager.
Jennifer
À propos des images
Les images utilisées dans cet article proviennent de diverses sources ou sont de création personnelle. Lorsqu’elles ne sont pas de moi, elles sont citées ci-dessous.
