Canon EOS R5 : mon avis après l’avoir utilisé à la place de mon R3
Mon Canon R3 est actuellement reparti au SAV. Pour la troisième fois en quatre mois. Cette fois, le magasin m’a prêté son Canon EOS R5 première génération pour que je puisse continuer à travailler et à photographier en attendant.
Je connaissais évidemment le R5 de nom, mais je ne l’avais encore jamais vraiment utilisé. C’était donc l’occasion de découvrir un autre boîtier de la gamme Canon dans des conditions bien différentes de celles d’un simple essai de quelques heures.
Sur le papier, ça aurait même pu me plaire. Depuis que nous voyageons, je me rends compte que le poids et l’encombrement du R3 ne sont pas toujours très pratiques au quotidien. Un boîtier plus petit et plus léger pourrait avoir du sens pour moi.
Sauf qu’après plusieurs semaines avec le R5, mon avis est assez clair : je ne l’aime vraiment pas.
Ce n’est pas la qualité des photos qui me pose problème. Elle est très bonne. C’est plutôt la façon dont je me sens lorsque je photographie avec ce boîtier qui ne me convient pas.
Avec le R3, je ne réfléchis presque plus à mon appareil. Je photographie. Avec le R5, j’ai beaucoup plus souvent l’impression de devoir composer avec lui.
Et finalement, ce prêt m’a surtout permis de comprendre à quel point le boîtier que l’on utilise peut avoir une influence sur la liberté que l’on ressent lorsqu’on photographie.
Pendant ces semaines de prêt, je l’ai utilisé dans mes conditions habituelles, notamment pour photographier ma famille et du motocross, mais aussi pour réaliser quelques vidéos. Il s’agit bien ici du premier Canon EOS R5, et non du R5 Mark II. Mon avis porte donc uniquement sur ce modèle et sur mon expérience avec lui.
Passer du Canon R3 au R5 : la différence de gabarit est énorme
La première chose qui m’a frappée en prenant le Canon R5 en main, c’est sa taille. À côté de mon R3, il paraît vraiment petit.
Et sur ce point, je dois reconnaître que c’est appréciable. Le R3 est un boîtier imposant et lourd, et depuis que nous voyageons, je mesure encore davantage son encombrement. Le R5 prend moins de place et se transporte plus facilement, notamment lorsque je garde mon appareil avec moi pendant une balade.
Pourtant, assez paradoxalement, je ne le trouve pas plus confortable à utiliser.
La poignée du R3 correspond beaucoup mieux à ma prise en main. Sur le R5, je trouve la poignée moins ergonomique et, malgré un boîtier plus léger, mon poignet finit par fatiguer davantage.
Il me manque aussi énormément la poignée verticale intégrée du R3. Je l’utilise naturellement lorsque je photographie en orientation portrait et son absence sur le R5 change vraiment ma façon de tenir l’appareil.
C’est finalement ce qui m’a surprise avec cette différence de gabarit : plus petit et plus léger ne veut pas forcément dire plus confortable.
Avec le RF 70-200 mm f/2.8, le R5 reste bien équilibré
Malgré la différence de gabarit entre le boîtier et le RF 70-200 mm f/2.8 L IS USM, l’ensemble reste bien équilibré. Je craignais que l’objectif paraisse trop imposant une fois monté sur le R5, mais à l’usage, cela ne m’a pas gênée.
C’est finalement l’un des points sur lesquels je n’ai rien de particulier à reprocher à cette configuration.
En motocross, le manque de réactivité du R5 me gêne
C’est en photographiant du motocross que la différence avec mon R3 m’a le plus dérangée. Dans ce type de photographie, tout va vite et j’ai besoin que mon appareil réponde immédiatement à ce qui se passe devant moi.
Avec le R5, je n’ai pas cette sensation. Je le trouve moins instantané dans sa réaction, notamment au déclenchement. Ce léger décalage dans mes sensations suffit à changer ma façon de photographier : j’anticipe davantage le comportement de l’appareil alors qu’avec mon R3, je me concentre presque exclusivement sur le pilote et sur l’image que je veux obtenir.
Ce n’est pas forcément quelque chose que l’on retrouve dans une fiche technique ou que l’on peut résumer à un nombre d’images par seconde. C’est une sensation à l’utilisation. Et pour ma façon de photographier le sport, elle compte énormément.
Autofocus et suivi du sujet : je préfère clairement le R3
C’est probablement le point qui me dérange le plus avec le Canon R5 : son autofocus et le suivi du sujet ne correspondent pas à ce dont j’ai besoin pour photographier du motocross.
Lorsque je suis un pilote, je trouve l’accroche moins efficace et j’ai plus de difficultés à conserver le sujet exactement comme je le souhaite lorsqu’il se déplace. Sur une discipline où les trajectoires changent rapidement et où le pilote peut arriver ou disparaître du cadre en quelques secondes, je le ressens particulièrement.
Je dois davantage surveiller ce que fait l’appareil au lieu de pouvoir lui faire confiance et me concentrer uniquement sur mon cadrage, mon placement et le moment que je veux saisir.
Je précise toutefois que je compare ici le premier EOS R5 au R3, à partir de mon utilisation et de ma façon de photographier. Il ne s’agit pas de dire que l’autofocus du R5 est mauvais, mais simplement qu’après avoir pris mes habitudes avec celui du R3, je ressens clairement la différence sur le terrain.
Les mêmes réglages, mais pas le même rendu
En passant du R3 au R5, je n’ai pas eu besoin de réapprendre à utiliser un appareil Canon. Les menus restent familiers et j’ai rapidement retrouvé mes repères.
En revanche, j’ai été beaucoup plus déroutée par le rendu de mes images. En partant des mêmes réglages de base que ceux que j’utilise habituellement, je n’obtiens pas du tout le même résultat, notamment au niveau des couleurs.
Ce n’est pas que les images produites par le R5 soient mauvaises. C’est plutôt que je ne retrouve pas naturellement le rendu auquel je suis habituée. Je dois donc davantage chercher pour obtenir une image qui corresponde à ce que j’avais en tête au moment de la prise de vue.
C’est une différence à laquelle je ne m’attendais pas forcément en restant chez Canon, et qui compte beaucoup pour moi : lorsque je photographie, j’aime pouvoir me concentrer sur ce que je vois plutôt que chercher constamment comment retrouver le résultat que j’ai en tête.
La qualité d’image du Canon R5 reste excellente
Malgré tout ce qui me gêne à l’utilisation, je ne peux pas reprocher au Canon EOS R5 la qualité des images qu’il produit. Une fois les photos sur l’ordinateur, je les trouve tout aussi belles que celles réalisées avec mon R3.
Ses 45 millions de pixels offrent également une marge de manœuvre confortable pour recadrer une photo tout en conservant beaucoup de détails. C’est un véritable avantage lorsque le cadrage n’est pas exactement celui que l’on souhaitait à la prise de vue ou que l’on veut isoler davantage son sujet.
Dans mon cas, cependant, ce n’est pas un argument qui suffit à faire la différence. Je peux profiter de cette définition lorsque j’en ai besoin, mais je ne ressens pas au quotidien le besoin d’avoir 45 Mpx.
Un boîtier plus compact qui ne me rend pas plus libre
Ce qui m’a finalement le plus surprise pendant ces semaines avec le R5, c’est que je n’ai pas davantage envie de sortir photographier avec lui. Je l’utilise parce que c’est l’appareil dont je dispose actuellement, mais je me sens plus bridée dans ma façon de photographier.
Pour moi, la liberté vient aussi de cette capacité à presque oublier le matériel que l’on tient entre les mains pour se concentrer sur ce que l’on veut photographier.
Cette expérience confirme finalement quelque chose que je n’avais pas forcément formulé jusque-là : j’aimerais avoir un second appareil pour le quotidien, mais pas si cela implique de faire des compromis sur ce qui compte pour moi lorsque je photographie.
Avis Canon EOS R5 : est-ce que je remplacerais mon R3 par ce boîtier ?
Après plusieurs semaines d’utilisation, mon avis sur le Canon EOS R5 est donc assez clair : je ne remplacerais pas mon R3 par ce modèle.
Pour mes shootings spécifiques, notamment lorsque je photographie du sport, le R3 reste le boîtier que je veux utiliser. Je connais son fonctionnement et il correspond à ma façon de travailler.
En revanche, mon besoin d’un second appareil pour le quotidien devient de plus en plus évident. J’aimerais quelque chose de plus facile à emmener partout, notamment lorsque nous voyageons, mais qui me permette de conserver cette sensation de liberté lorsque je photographie.
Est-ce qu’un R5 plus récent pourrait répondre à ce besoin ? Peut-être. Celui que j’utilise actuellement est le tout premier modèle et mon expérience ne permet évidemment pas de tirer les mêmes conclusions sur les générations suivantes.
Ce que je sais aujourd’hui, c’est que je ne cherche pas simplement un appareil plus petit. Je cherche un appareil que j’aurai envie de prendre avec moi sans avoir l’impression de devoir adapter ma façon de photographier au boîtier.
Jennifer
À propos des images
Les images utilisées dans cet article proviennent de diverses sources ou sont de création personnelle. Lorsqu’elles ne sont pas de moi, elles sont citées ci-dessous.
