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Photographier ses voyages et ses découvertes

Quand on aime vraiment la photographie, partir découvrir un nouvel endroit avec son appareil paraît presque évident. Pour moi, ça l’est en tout cas.

S’il y a quelque chose à voir, à visiter ou simplement à découvrir, mon appareil vient avec moi. Je pourrais me contenter de mon téléphone, comme beaucoup de gens le font aujourd’hui, mais ce n’est pas pareil. Le résultat ne me convainc pas et, surtout, je n’ai pas la même envie de photographier avec un iPhone entre les mains.

Pour autant, il y a une question que je me pose parfois : à force de vouloir photographier ce que je vois, est-ce que je ne passe pas à côté d’une partie de ce que je suis justement venue vivre ?

Je crois que la réponse est parfois oui.

Mais la réalité est un peu plus compliquée que « poser son appareil pour profiter du moment ».

Parce que photographier fait aussi partie de ma manière de découvrir un endroit.

Quand regarder un lieu signifie déjà le photographier

Je ne crois pas avoir besoin d’avoir mon appareil entre les mains pour regarder les choses comme une photographe.

Ça m’arrive même en conduisant.

Je vois un paysage, une lumière, un bâtiment ou simplement une scène au bord de la route et, dans ma tête, l’image est déjà là. Je sais à peu près où je me serais placée, ce que j’aurais voulu mettre dans le cadre et ce que la photo aurait pu donner si nous nous étions arrêtés.

Parfois, nous continuons notre route et cette photo n’existera jamais autrement que dans ma tête.

Depuis que nous nous déplaçons beaucoup plus et que les découvertes font davantage partie de notre quotidien, j’ai l’impression que ce regard s’est encore affiné. Je ne photographie pas forcément plus. Au contraire. Mais je regarde probablement différemment.

Mon appareil fait presque toujours partie de nos découvertes

Si je sais que nous allons quelque part où il y aura des choses à découvrir, je prends presque systématiquement mon appareil.

Aujourd’hui, c’est principalement mon Canon EOS R3 qui m’accompagne.

L’iPhone reste dans ma poche la plupart du temps. Il peut servir exceptionnellement à garder un petit souvenir lorsque je n’ai vraiment pas mon appareil avec moi, mais je ne le considère pas comme un véritable outil photographique dans ma pratique.

Ce n’est pas une question de dire qu’un smartphone ne permet pas de faire de bonnes images. Simplement, ce n’est pas avec lui que j’ai envie de photographier.

L’appareil fait partie de l’expérience.

Oui, photographier peut parfois me faire manquer une partie du moment

Il y a malgré tout une vraie ambivalence.

Pendant une balade, je peux m’arrêter parce que j’ai vu quelque chose que j’ai envie de photographier. Pendant ce temps-là, ma famille continue à avancer.

Alors je fais ma photo.

Et ensuite… je cours derrière pour les rattraper. 😅

Ils finissent généralement par m’attendre un peu plus loin.

C’est notre fonctionnement et ils savent que la photographie occupe une place importante pour moi. Ils le comprennent et l’acceptent — enfin, je pense !

Mais je sais aussi qu’à certains moments, pendant que je réfléchis à une image ou que je cherche mon cadrage, je ne suis pas totalement disponible pour ce qui se passe autour de moi.

C’est un choix. Et comme beaucoup de choix, il implique parfois de renoncer à une petite partie de quelque chose.

Avec le temps, j’ai appris à moins déclencher

Il y a quelques années, j’avais tendance à faire beaucoup plus de photos.

Je déclenchais, puis je triais ensuite.

Aujourd’hui, une partie de ce tri se fait avant même que j’appuie sur le déclencheur.

Je me demande davantage si ce que j’ai devant moi mérite réellement une photographie. Est-ce que l’image va sortir du lot ? Est-ce qu’elle apporte quelque chose ? Est-ce que j’ai réellement envie de la conserver ou est-ce que je photographie simplement parce que la scène est devant moi ?

Je ne réussis évidemment pas à faire uniquement des images intéressantes — ce serait un peu trop facile — mais j’ai appris à être plus sélective.

Finalement, c’est probablement l’une des choses qui m’aide le plus à trouver un équilibre.

Pas forcément photographier moins longtemps, mais photographier avec davantage d’intention.

Renoncer à une photo reste très difficile pour moi

Il existe un conseil que l’on entend souvent lorsqu’on parle de voyage et de photographie : parfois, il faudrait simplement ranger son appareil et profiter.

Sur le principe, je comprends parfaitement.

Dans la réalité… j’ai beaucoup plus de mal. 😅

Lorsque quelque chose attire vraiment mon regard et que je vois une image, renoncer volontairement à la photographier me demande un véritable effort.

C’est plus fort que moi.

Ça fait partie de moi.

Il m’arrive malgré tout de devoir me faire violence, notamment lorsque nous faisons quelque chose tous ensemble et que je sens que sortir l’appareil risque de transformer un moment familial en séance photo permanente.

Toutes les scènes n’ont pas besoin de devenir des photographies.

Je le sais.

Disons simplement que je suis encore en train d’apprendre à l’accepter.

Photographier notre vie de famille sans exposer mes enfants

Il existe aussi un autre équilibre que je cherche depuis quelque temps.

Nos enfants font partie de nos voyages, de nos balades et de presque toutes nos découvertes. Les enlever complètement de mes photographies donnerait donc une vision assez artificielle de notre vie.

Pour autant, je n’ai pas envie de les exposer délibérément sur Internet.

J’essaie donc de raconter autrement.

Une silhouette qui avance dans un paysage, quelqu’un qui observe quelque chose, des mains, un mouvement, une présence dans le cadre…

Ils sont là parce qu’ils étaient réellement là.

L’idée n’est pas de faire semblant que nous voyageons seuls, mais de réussir à faire sentir la vie autour de mes images sans avoir besoin de montrer systématiquement ceux qui la composent.

Et finalement, cette contrainte m’oblige aussi à chercher d’autres façons de raconter une scène.

Je ne prépare presque jamais mes photos à l’avance

Je pourrais arriver dans un endroit avec une liste précise des images que je veux réaliser.

Je ne fonctionne absolument pas comme ça.

Je photographie beaucoup au feeling, au regard et à l’instinct.

Je découvre un lieu en même temps que je cherche mes images.

Quelque chose attire mon attention, je m’arrête. Une lumière fonctionne particulièrement bien à cet instant, je la suis. Un élément qui aurait pu me sembler insignifiant quelques mètres auparavant devient soudain intéressant parce que le point de vue a changé.

C’est probablement pour cela que j’aime autant avoir mon appareil avec moi lorsque nous partons découvrir quelque chose.

Je ne sais pas forcément à l’avance ce que je vais rapporter.

Trouver l’équilibre plutôt que choisir entre vivre et photographier

Alors, est-ce que je préférerais rentrer d’une journée avec LA photo dont je suis vraiment contente, suffisamment d’images pour raconter ce que nous avons découvert, ou avec la sensation d’avoir pleinement profité de ce que nous avons vécu ?

Les trois. 🤪

Et c’est probablement pour ça que l’équilibre n’est pas toujours simple à trouver.

Je pourrais sans doute profiter différemment de certains moments si je laissais plus souvent mon appareil de côté. Mais je ne suis pas certaine que je les vivrais davantage pour autant.

Parce que photographier n’est pas uniquement une manière de conserver ce que j’ai vu.

C’est aussi une partie de ma façon de regarder, de découvrir et de vivre les endroits que nous traversons.

Jennifer

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À propos des images

Les images utilisées dans cet article proviennent de diverses sources ou sont de création personnelle. Lorsqu’elles ne sont pas de moi, elles sont citées ci-dessous.

  • Image d’en-tête : Pexels - Photo du camping car de Nicolas Lesueur
  • Image d’illustration : Pexels - Photo du fourgon de Kampus Production
  • Image d’illustration : Pexels - Photo du fourgon de Stephen Leonardi

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