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Circuler en van, c’est accepter.
Avant même de parler de liberté, de paysages ou de nuits face à l’horizon, il faut accepter que tout ne soit pas fluide.
Que tout ne soit pas simple.
Que la route, parfois, décide à notre place.
Le van n’est pas un compromis confortable entre la voiture et la maison. C’est un choix à part entière, avec ses renoncements silencieux. On ne circule plus de la même façon. On ne traverse plus les territoires avec la même légèreté. Et c’est précisément là que quelque chose bascule.

Circuler en van, c’est accepter de ne pas aller partout

circuler en van

Il faut le dire clairement : on ne passe pas partout en van aménagé.
Pas parce qu’on manque d’audace, mais parce que le réel s’impose.
Il y a les hauteurs limitées, parfois sournoises, signalées trop tard ou pas du tout signalées.
Les routes étroites qui se referment progressivement, jusqu’à faire naître ce doute très concret : est-ce que je passe encore ? (et du coup, on accélère un peu, pour arriver plus vite à l’issue de ce passage plus étroit, et on pris pour ne croiser personne).
Et puis les centres anciens, magnifiques, avec du charme, du caractère, un savoir-faire admirable, mais pensés pour d’autres époques, d’autres gabarits. Là où le van n’a plus sa place.
Alors on fait demi-tour ou on cherche rapidement une autre route (quand je dis « on, c’est surtout le GPS). 
Pas toujours avec élégance.
Souvent avec lenteur.

Circuler en van aménagé, c’est accepter que la théorie s’efface devant la réalité. Et apprendre à écouter ce que la route dit, même quand elle contredit nos plans.

Accepter que certaines routes ne sont plus pour nous

Étroit ruban d’asphalte, virages serrés, murs de pierre tout proches.
En voiture, elles avaient un goût de liberté. En van, elles deviennent une question.
Les raccourcis « évidents » cessent de l’être.
Ce qui semblait logique sur une carte peut devenir inconfortable, voire risqué.
Le rapport au GPS change profondément. Il n’est plus un guide absolu, mais un outil parmi d’autres. On apprend à douter, à anticiper, à se fier davantage à son regard qu’à une ligne bleue sur un écran. On ne l’écoute pas bêtement, on reste vigilant, prudent. On réfléchit par nous-même, parfois, le GPS dit d’aller là, et moi je me dis « non, je ne le sens pas ». Alors, je m’écoute. Il cherche alors une autre option.

Accepter une autre façon de conduire

Conduire un van n’a rien de sportif.
Et c’est très bien ainsi.
Tout est plus lent, plus ample.
On anticipe chaque freinage (parce que le poids fait qu’il nous faudra une distance bien plus grande pour nous ralentir ou arrêter), chaque croisement, chaque virage serré. On garde bien ses distances avec ceux de devant. Au cas ou. 
Le poids se fait sentir, le gabarit impose le respect, l’inertie rappelle à l’ordre.
La conduite en van invite à une forme de vigilance calme.
Pas une tension, mais une attention constante.
La sécurité passe avant le plaisir de la vitesse, et le rythme s’accorde naturellement à cette nouvelle logique.

Accepter de rouler plus lentement

La vitesse n’est plus une priorité.
Elle devient secondaire.
On met plus de temps pour aller quelque part.
Le trajet prend de la place dans la journée.
Le temps s’étire, parfois malgré nous.
Et puis, on arrive plus tard que prévu.
On le constate.
Et souvent, on s’aperçoit que ce n’est pas grave. #lacherprise

Accepter de ne pas se garer où l’on veut

Le stationnement en van est un terrain flou.
Entre interdictions franches, tolérances implicites et zones grises, il faut composer.

On ne se pose pas « juste cinq minutes ».
On observe, on lit l’espace, on sent l’ambiance.
On renonce parfois, sans insister.

Très concrètement, il faut aussi accepter de prendre plus de place – pour en gêner moins. Deux places de parking, souvent, pour être correctement installé, sans déborder, sans empiéter. Les créneaux se pensent autrement, plus larges, plus lents, plus réfléchis. Rien ne s’improvise vraiment.

Alors on se gare plus loin.
On marche un peu plus.
On change son rapport à la proximité.

Ce léger détour devient une habitude. Une façon de ne pas s’imposer, de rester à distance juste, de respecter l’espace partagé.
Composer sans forcer devient une règle silencieuse. Une manière simple, presque invisible, d’être là – à sa place.

Accepter d’être vu, parfois jugé

Un van, ça ne passe pas inaperçu.
Il attire les regards, les projections, parfois la méfiance.
On devient, malgré soi, un symbole (de courage ?).

Celui de la vanlife rêvée, ou au contraire d’un mode de vie mal compris.

Il faut apprendre à exister sans s’imposer (ce que chacun devrai faire). À être là sans provoquer. À accepter ce regard extérieur sans le porter comme un fardeau.

Accepter une fatigue différente

Ce n’est pas la fatigue de la vitesse ou du stress.
C’est une fatigue de vigilance.
Lire la route autrement.
Penser hauteur, largeur, pente, sol, météo.
Anticiper sans cesse.
On conduit moins longtemps, mais on est plus présent. Plus engagé dans chaque décision.

Accepter que la liberté soit plus subtile qu’on ne l’imagine

Ce n’est pas une liberté totale.
C’est une liberté choisie, incarnée, imparfaite.
Moins de performance.
Moins de domination de l’espace.
Plus de présence.
Circuler en van, ce n’est pas seulement changer de véhicule.
C’est changer de posture.
Sur la route, mais aussi face au monde.
On renonce à certaines facilités, oui.
Mais en échange, on apprend à ralentir sans s’arrêter, à regarder sans traverser, à être là – simplement – sans chercher à prendre toute la place.

On veut simplement vivre notre vie, tranquille, dans notre coin, au plus proche de la nature, sans gêner ni être gêné.

Jennifer

À propos des images

Les images utilisées dans cet article proviennent de diverses sources ou sont de création personnelle. Lorsqu’elles ne sont pas de moi, elles sont citées ci-dessous.

  • Image d’en-tête : Freepik
  • Images d'illustrations : Freepik

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