Deux Canon EOS R3, deux pannes : pourquoi j’ai fini par changer de boîtier
Je n’aurais jamais imaginé écrire cet article.
Lorsque j’ai acheté mon premier Canon EOS R3, le 24 décembre 2025, j’avais le sentiment d’avoir enfin trouvé l’appareil qui me correspondait. Un boîtier professionnel, rapide, réactif, particulièrement adapté à la photographie sportive et animalière. Exactement ce que je recherchais.
Et dès les premières utilisations, j’ai eu cette sensation assez rare : celle de tenir un appareil que je connaissais déjà, alors que je venais tout juste de le découvrir.
Pourtant, après six mois de difficultés, plusieurs passages au SAV et deux R3 successifs présentant des défauts, j’ai finalement décidé de changer de modèle.
Pas parce que je n’aimais plus le R3. Bien au contraire.
Le Canon EOS R3 : un véritable coup de cœur
Si j’avais choisi le Canon EOS R3, ce n’était pas par hasard.
Je photographie notamment du sport mécanique et des animaux. Deux domaines dans lesquels la réactivité du matériel compte énormément.
L’autofocus, le suivi du sujet, la cadence des rafales, la capacité du buffer à encaisser de longues séquences, la rapidité générale du boîtier… Sur le papier, le R3 avait tout pour me séduire.
Et sur le terrain, il m’a immédiatement convaincue.
Son ergonomie, sa prise en main, sa réactivité : tout me semblait naturel. Je n’avais pas l’impression de devoir apprivoiser un nouvel appareil pendant des semaines. Je l’utilisais presque comme si je l’avais toujours eu.
C’est une sensation que je n’ai pas retrouvée aussi facilement avec les autres boîtiers que j’ai eus entre les mains depuis.
Pour moi, le R3 était vraiment un appareil à part.
Les premières pannes, puis les mois qui s'accumulent
Les ennuis ont commencé avec mon premier exemplaire.
Il y a notamment eu un problème de déclencheur, puis un problème d’enregistrement vidéo sans son, ensuite d’autres dysfonctionnements, dont un souci intermittent avec l’écran orientable.
Les vérifications, les essais, les retours au magasin et les passages au service après-vente ont progressivement pris de plus en plus de place.
Au début, je pensais qu’il s’agissait d’un problème isolé, qui finirait par être réglé.
Mais les semaines ont passé, puis les mois.
Et lorsqu’on vit à l’année en camping-car, devoir revenir régulièrement au magasin n’est pas aussi simple que lorsqu’on habite à quelques kilomètres. Nos déplacements doivent aussi s’organiser autour de ces contraintes, alors que nous avons déjà nos propres impératifs familiaux.
Il y avait également les conséquences professionnelles.
Se retrouver sans appareil, lorsqu’on est photographe, c’est forcément pénalisant. On perd sa liberté de travailler, de saisir une occasion, de photographier simplement parce qu’on en a envie.
Mais ce qui m’a le plus marquée, c’est probablement ce que cette période a provoqué chez moi.
Je me suis retrouvée vide. Inutile.
À force de rencontrer des problèmes, j’ai même fini par remettre en question mes propres compétences.
Et si tout cela venait de moi ? Si je ne savais simplement pas régler correctement mon appareil ? Si j’étais incapable d’utiliser un boîtier aussi performant ?
Avec le recul, je sais que ces difficultés ne se résumaient pas à une mauvaise maîtrise des réglages. Mais lorsqu’on enchaîne les dysfonctionnements, le doute finit par s’installer.
Et il est parfois difficile de s’en débarrasser.
Le SAV Canon et le magasin : deux expériences différentes
Je tiens à faire une distinction importante, parce que je ne voudrais pas que cet article laisse penser que tout le monde m’a laissée me débrouiller seule.
Le magasin auprès duquel j’avais acheté mon appareil a été formidable.
J’ai été écoutée, accompagnée, et l’équipe a réellement fait son maximum pour trouver une solution. Elle a suivi mon dossier et s’est occupée des démarches.
Je n’ai rien à lui reprocher, bien au contraire.
Du côté de Canon, les procédures ont suivi leur cours.
Je comprends qu’un fabricant ait des protocoles à respecter, des contrôles à effectuer et des étapes à suivre avant de prendre une décision.
Mais du point de vue du client, ces procédures ne sont pas toujours à son avantage.
Pendant ce temps, l’appareil reste indisponible, les déplacements s’organisent autour des démarches et l’incertitude continue.
À un moment, ce n’est même plus seulement la panne qui devient pesante. C’est de ne plus savoir quand on va enfin pouvoir retrouver un appareil sur lequel compter.
Finalement, grâce à l’intervention du magasin, une solution a été trouvée : repartir avec un Canon EOS R3 neuf.
Un deuxième R3 neuf… et une nouvelle déception
Je me souviens à quel point j’étais heureuse lorsque j’ai récupéré ce deuxième R3.
Après six mois de galère, j’avais enfin l’impression de pouvoir tourner la page.
Un boîtier neuf. Le même modèle que celui que j’aimais tant. La possibilité de repartir de zéro, sans avoir constamment les problèmes précédents en tête.
Je n’avais pas envie de changer d’appareil. Je voulais simplement retrouver mon R3 et photographier tranquillement.
Et puis, à la fin d’une journée de shooting, le viseur est apparu tout noir.
Ma première réaction a été de penser que j’avais forcément touché à quelque chose.
Non, ce n’est pas possible. J’ai dû modifier un réglage.
Après ce que je venais de traverser avec le premier exemplaire, je n’arrivais pas à croire que cela recommençait.
Des vérifications ont été effectuées, et le magasin, après avoir échangé avec le SAV Canon par téléphone, m’a confirmé qu’il ne s’agissait pas d’un simple problème de réglage, mais d’un défaut d’origine.
Deux appareils successifs. Deux fois des problèmes.
J’étais tellement déçue.
Avec le premier R3, j’avais fini par me demander quand surviendrait la prochaine panne. Au départ, je le disais presque sur le ton de l’ironie.
Et puis, avec ce deuxième exemplaire, c’était réellement arrivé.
Pourquoi j'ai finalement renoncé au Canon EOS R3
Peut-être qu’un troisième R3 aurait été le bon.
Après tout, on dit bien « jamais deux sans trois »…
Mais cette fois, j’ai préféré me dire que l’univers essayait peut-être de m’envoyer un signe : il était temps de changer.
Ce n’était pas une décision facile.
J’avais aimé cet appareil. Fort, très fort même.
Je connaissais sa prise en main, j’aimais sa rapidité, son ergonomie et cette facilité avec laquelle je pouvais me concentrer sur ce que je photographiais plutôt que sur le boîtier lui-même.
Même lorsque mon premier R3 était immobilisé et que j’avais utilisé un Canon EOS R5 de prêt, je n’avais pas eu envie de changer de modèle.
Le R5 était un bon appareil, mais je n’y retrouvais pas mes sensations avec le R3. Son ergonomie me convenait moins, et je ne ressentais pas la même liberté dans ma pratique.
J’avais d’ailleurs raconté plus en détail mon expérience avec le Canon EOS R5 de prêt, et pourquoi ce boîtier ne m’avait pas convaincue de quitter le R3.
Seulement voilà : aussi performant soit-il, un appareil dans lequel on n’a plus confiance finit par devenir difficile à utiliser sereinement.
Je ne voulais plus me demander si un nouveau problème allait apparaître, ni revivre les mêmes démarches une troisième fois.
Alors j’ai renoncé au R3.
Pas parce qu’il avait cessé de me plaire, mais parce que je ne me sentais plus capable de repartir sur un autre exemplaire.
Le Canon EOS R6 Mark III : un nouveau départ que je n'avais pas prévu
J’ai finalement choisi le Canon EOS R6 Mark III.
Ce n’était pas un choix que j’avais anticipé, ni le résultat d’une envie soudaine de découvrir un autre boîtier.
C’était avant tout un compromis raisonnable.
Je n’avais pas apprécié mon expérience avec le R5 autant qu’avec le R3. Et après deux appareils défectueux, j’avais aussi cette crainte, peut-être irrationnelle, de rencontrer encore des problèmes en choisissant un boîtier particulièrement sophistiqué.
J’avais besoin de repartir autrement.
Aujourd’hui, je découvre progressivement le R6 Mark III, ses possibilités, son ergonomie et les habitudes que je dois reconstruire avec lui.
Mais je ne vais pas prétendre que j’ai déjà complètement tourné la page.
Certains jours, c’est encore difficile.
Si j’avais pu choisir la manière dont cette histoire se termine, j’aurais simplement préféré que mon premier R3 fonctionne parfaitement et qu’il soit toujours avec moi aujourd’hui.
Je n’ai pas changé de boîtier parce que j’en avais envie.
J’ai changé parce qu’après tout ce qui s’était passé, je ne voyais plus comment continuer autrement.
Quant au R6 Mark III, il mérite que je lui laisse sa propre chance, sans chercher constamment à retrouver le R3 à travers lui.
Je reviendrai sur mon expérience avec ce nouveau boîtier lorsque j’aurai suffisamment de recul pour en parler réellement.
Pour l’instant, j’apprends simplement à photographier avec lui.
Jennifer
À propos des images
Les images utilisées dans cet article proviennent de diverses sources ou sont de création personnelle. Lorsqu’elles ne sont pas de moi, elles sont citées ci-dessous.
