Le froid ne rend pas malade
Chaque hiver, la même phrase revient. Presque automatique.
« Couvre-toi, tu vas tomber malade. Tu vas prendre froid. Tu va chopper la mort ! »
Comme si le froid, à lui seul, pouvait déclencher un rhume ou une grippe.
Comme s’il suffisait de grelotter un peu pour tomber au lit.
Et pourtant, le froid n’est pas un virus.
Il ne se transmet pas. Il ne s’installe pas dans l’organisme. Il ne se reproduit pas. Il n’infecte rien.
Alors pourquoi cette idée persiste-t-elle ?
Je l’ai encore entendu/vu ce matin à la télévision ! En 2026 !
Le froid n’est pas un virus
Un virus est un agent biologique vivant, doté d’un matériel génétique, capable d’entrer dans nos cellules pour s’y multiplier.
Le froid, lui, est une condition environnementale. Une sensation. Une température.
👉 Sans virus, il n’y a pas de maladie infectieuse.
Rhume, grippe, angine, bronchite virale : toutes ces affections sont causées par des virus identifiés et étudiés depuis des décennies. Aucun médecin ne diagnostique une “maladie du froid”.
Pourquoi tombe-t-on plus souvent malade en hiver ?
L’hiver n’est pas la cause. C’est le contexte.
Quand les températures baissent :
on passe plus de temps en intérieur,
les espaces sont moins ventilés,
l’air est plus sec,
les contacts rapprochés sont plus fréquents.
Ces conditions favorisent la circulation des virus, mais ne les créent pas.
Le virus circule mieux, plus longtemps, d’une personne à l’autre. C’est là que se joue la différence.
Le rôle du nez : un filtre naturel parfois fragilisé
Le nez n’est pas qu’un simple passage d’air. C’est une barrière biologique sophistiquée, un système de défense à part entière. Sa muqueuse est tapissée de cellules immunitaires, de mécanismes muco-ciliaires, et d’immunoglobulines sécrétoires qui collaborent pour piéger, neutraliser ou évacuer les agents indésirables avant qu’ils n’atteignent les voies respiratoires basses.
Concrètement, cela fonctionne ainsi :
- Filtration mécanique : les poils à l’entrée des narines interceptent les plus grosses particules.
- Mucus protecteur : une fine pellicule collante recouvre l’épithélium nasal. Elle piège poussières, microbes, virus et bactéries et les embarque vers l’arrière de la gorge.
- Mouvement ciliaire : des micro-cilia battent en rythme pour « balayer » le mucus vers l’extérieur ou vers la déglutition, évacuant ainsi les intrus.
- Défenses immunitaires locales : des cellules immunitaires et des anticorps (notamment les IgA sécrétoires) agissent comme une armée prête à neutraliser certains virus avant même qu’ils ne pénètrent dans nos tissus.
Ce système est d’une efficacité remarquable… quand les conditions sont optimales.
Quand le froid et l’air sec jouent un rôle
- L’air froid a cette particularité d’être souvent moins humide. Et c’est là que se joue une nuance subtile mais importante :
un air trop sec modifie la viscosité du mucus, le rendant plus épais et moins performant pour capturer et transporter les agents pathogènes. - le mouvement des cils peut lui aussi être altéré dans ces conditions, ralentissant l’élimination naturelle des microbes.
- certaines études récentes montrent que l’exposition au froid peut affaiblir certaines réponses immunitaires locales, notamment la production de petites vésicules antivirales par les cellules du nez, qui participent normalement à la défense contre les virus.
C’est cet affaiblissement momentané — et non le froid en tant que cause première — qui peut rendre l’entrée et la prolifération d’un virus un peu plus facile si ce dernier est déjà présent.
Mais ici, une nuance essentielle doit être soulignée :
👉 le froid ne crée rien de viral.
👉 Il n’invente pas de virus.
👉 Il n’est pas non plus suffisant, à lui seul, pour provoquer une maladie.
Il peut seulement modifier l’efficacité d’un barrage déjà en place — un barrage dont la mission première est de neutraliser ce que nous avons déjà inhalé. C’est une question de terrain, pas de création.
Ce que disent les études scientifiques
Plusieurs travaux expérimentaux ont tenté de répondre à une question simple :
le froid, à lui seul, provoque-t-il une maladie ?
La réponse est claire : non.
Des volontaires exposés au froid, sans exposition virale préalable, ne tombent pas davantage malades que ceux restés au chaud. Les publications médicales disponibles via PubMed et les grandes institutions de santé publique vont toutes dans le même sens :
👉 le facteur déterminant est l’exposition à un virus, pas la température extérieure.
Cela dit, il me semble important de le préciser : je ne voue pas une confiance aveugle à la science.
Parce que la science est faite par des humains. Parce qu’elle s’inscrit dans des cadres, des programmes, des systèmes d’enseignement qui transmettent aussi une vision du monde, parfois figée, parfois orientée. On apprend ce qu’on nous enseigne — et pas toujours tout ce qu’il serait possible de questionner.
Un vrai scientifique, à mes yeux, n’est pas celui qui répète ce qu’on lui a appris, mais celui qui doute, qui observe, qui remet en question, qui garde son libre arbitre intact. La science avance justement grâce à cette capacité à ne jamais considérer une connaissance comme définitivement acquise.
Et pourtant, sur le lien entre le froid et les rhumes, les données sont cohérentes, constantes, recoupées depuis des décennies. Les mécanismes biologiques sont compris, reproductibles, observables. Ici, le doute n’est pas nié — il a été exploré. Et c’est précisément pour cette raison que l’on peut, raisonnablement, s’y fier.
🩺 Ce que disent les médecins
« Le froid ne rend pas malade. Ce sont les virus qui provoquent les infections. En hiver, ils circulent davantage car nous vivons plus confinés. » — Dr Gérald Kierzek, médecin urgentiste
« Le rhume n’est pas causé par le froid ou l’humidité, mais par des virus transmis d’une personne à l’autre. » — Johns Hopkins Medicine
« Les infections respiratoires saisonnières sont liées à des agents infectieux identifiés. Les conditions hivernales favorisent leur transmission, sans être responsables de leur apparition. » — Inserm
Ces positions ne sont ni nouvelles ni controversées. Elles font consensus dans le monde médical.
Ce qu’il faut vraiment retenir
- Le froid n’est pas un virus,
- On ne tombe pas malade sans exposition à un agent infectieux,
- L’hiver favorise la transmission, pas la maladie elle-même,
- “Prendre froid” est une expression, pas une explication scientifique,
- Sans virus, le corps ne tombe pas malade.
Ce n’est pas une question de ressenti, ni de tradition.
C’est une réalité biologique, documentée, observée, confirmée.
Jennifer
À propos des images
Les images utilisées dans cet article proviennent de diverses sources ou sont de création personnelle. Lorsqu’elles ne sont pas de moi, elles sont citées ci-dessous.
- Image d’en-tête : KaboomPics
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